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Lavillenie : "Je suis de retour"

Renaud Lavillenie profite d’un break d’une dizaine de jours au sortir d’un hiver doré. Entretien avec le champion du monde de la perche et de la régularité au plus haut niveau.

La couronne mondiale en 4 sauts : cela vous est déjà arrivé ? 

 
« J’ai gagné en 2, à Portland (5,75 m, 5,90 m). C’était en 2016, je maîtrisais mon sujet, j’avais le statut de favori et la concurrence n’était pas au même niveau. Là, je savais que je devais me battre jusqu’au bout. Le plaisant, c’est ma maîtrise du concours de A à Y. C’aurait été à Z, si j’avais passé les 5,90 m au premier. »
 
A quel moment avez-vous su que vous étiez champion du monde ? 
 
« A 5,85 m au premier essai, je savais que j’étais sur le podium et à 5,90 m au deuxième, que c’était fait. S’il avait fallu, j’avais les moyens de répondre à 5,95 m. »
 
Sur vos 3 titres en salle, quelle est la place de Birmingham? 
 
« Tous sont diffé­rents. Je m’étais cassé la main 3 mois avant le premier, à Istanbul en 2012. J’avais fait énormément de sauts, je m’étais bien battu. Portland, c’est le côté grosse performance, gros concours, avec beaucoup de facilité. Birmingham réunit le meilleur niveau jamais vu en termes de densité et il rassemble le plus d’émotions. »
 
Pourquoi ? 
 
« Mine de rien, il y a l’âge qui passe. Champion du monde à 25 ans et à 31 ans, ce n’est pas la même chose. Il y a le passé qui resurgit, plus le côté familial qui a pris une autre dimension. Sur le concours, je ne le ressens pas. Mais sur le podium, là, clairement, les émotions sont plus intenses, plus profondes. Beaucoup de choses ressortent. Et moi, je suis quelqu’un d’entier, je ne fais pas de jeu de rôle, je laisse sortir les émotions du moment. »
 
Ressentez-vous physiquement vos 31 ans ? 
 
« L’an dernier, j’ai senti un peu l’âge venir car avec les blessures, c’est plus compliqué plus vite. Sinon l’âge n’a pas d’impact. Je suis en fait dans la lignée d’exemples comme Federer, tant que je peux jouer, je joue. Mais ce que je fais aujourd’hui est plus sage, plus réfléchi, mieux construit. 
 
Ces Mondiaux détrônent-ils le All Star Perche au palmarès de votre hiver ? 
 
« D’un point de vue sportif, c’est la meilleure compétition que j’ai pu faire. Reste que le All Star Perche m’a permis d’être champion du monde une semaine après, j’ai su m’en nourrir. 
 
Vous êtes de retour ? 
 
« C’est le mot, complètement. J’ai retrouvé ce que j’étais capable de faire il y a 2 ans.  
 
Frustrant de ne pas passer 6 m ? 
 
« Je n’en suis pas loin, je fais des super tentatives. Intrinsèquement, j’ai le potentiel pour, cet hiver. Après, je suis plus dans une reconstruction pour chercher le titre. Cela me donne en tout cas une bonne motivation cet été. »
 
Comment expliquer votre régularité sans exemple au plus haut niveau ? 
 
« Il y a deux autres perchistes très réguliers, Kendricks et Lysek. Sinon, le truc, c’est que je donne le maximum à l’entraînement et sur les compétitions. Que mon travail de régularité paye. »
 
A l’été maintenant ? 
 
« Oui, avec les Europe et la Diamond League comme objectifs et pour emmagasiner les performances. »
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