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Photo © Pierre Couble

Lavillenie s'en contentera aisément

D'accord, il n'a pas tenté le record du monde. Ok, il n'a pas passé six mètres comme il l'espérait, pour la deuxième fois en une semaine. Mais Renaud Lavillenie a tout de même réussi ses championnats de France à Aubière en glanant un nouveau titre national à la perche, qui plus est en franchissant 5,93 m dans des conditions difficiles.

C'est tout le problème des très grands champions : à force de signer des performances hors du commun, ils finissent par banaliser l'exceptionnel. Au saut à la perche, passer six mètres est exceptionnel et Renaud Lavillenie a beau le faire régulièrement, il n'a pas été en mesure de le réaliser ce samedi. Dans son jardin du Pellez, le Clermontois a buté par trois fois sur la barre des 6,03 m (qui aurait représenté la meilleure performance mondiale de l'année) mais son concours n'est absolument pas à jeter pour autant. Bien au contraire. 

Car les 5,93 m qu'il a signés restent une performance de niveau mondial, comme il l'a rappelé devant la presse : « Il faut mesurer la performance que cela représente. En plus, c'était mon 50e concours à plus de 5,90 m, c'est parlant. »

D'autant plus parlant en effet que cette barre a été effacée dans des conditions difficiles. Entre le début du concours (entrée de barre à 5,05 m) et son premier saut, Renaud Lavillenie a en effet dû patienter... 1 h 45 ! Une attente interminable que le champion olympique a tenté de combler à grands coups de sprints pour s'échauffer et de discussions pour s'occuper. On l'a ainsi beaucoup vu échanger avec les autres perchistes, donnant des conseils à ses partenaires d'entraînement, notamment à son frère Valentin, blessé et éliminé à 5,50 m. 

« Je n'étais pas vraiment concerné à certains moments »



Cette situation, à l'exact opposé du All Star Perche de la semaine précédente, n'était évidemment pas propice à la (très) haute performance. « Dimanche dernier, il y avait du monde et du rythme. Du coup, tu es forcément "dedans". Là, je me suis retrouvé à certains moments à n'être pas vraiment concerné. J'étais plus spectateur qu'acteur de la compétition. C'est assez compliqué de faire la bascule », a reconnu Lavillenie. 

La bascule, le Clermontois a tout de même réussi à la faire en passant ses deux premiers sauts au premier essai. D'abord à 5,77 m, alors que tout le monde était déjà éliminé, pour rafler le titre national promis ; à 5,93 m ensuite pour signer une nouvelle performance de haute volée. « Franchement, faire deux sauts comme ça d'entrée, dans un laps de temps aussi court, c'est super intéressant. Il faut se rappeler qu'il y a trois ou quatre semaines, avec ma blessure, je n'étais même pas capable de faire ces sauts. Alors les réaliser dans ces conditions aujourd'hui, c'est vraiment bien. »

« Bien », comprenez dans la perspective de Portland et de ses championnats du monde en salle (17 mars). « Ce qui est aussi intéressant c'est que je commence à 5,77 m pour la première fois de la saison. Je vais arriver aux "Monde" en ayant déjà commencé assez haut, c'est un petit paramètre en plus », a conclu Lavillenie dont l'ultime sortie avant le rendez-vous planétaire aura lieu samedi prochain à Jablonec (République Tchèque).
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