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Photo © MARQUET Frédéric

Volvic Volcanic Expérience : Dawa Sherpa, l’éloge de la sérénité

Le Népalais d’origine Dawa Sherpa, qui était au départ du trail de 43 km, ce jeudi matin, est une légende de la discipline. Pour autant, il se refuse d’aller trop loin. La quête du plaisir restant pour lui une priorité absolue.

Le sourire toujours fixé aux lèvres et le regard doux d’un homme rempli de sagesse. À bientôt 50 ans, Dawa Sherpa est simplement heureux de se trouver là où il est, en compagnie de sa deuxième famille, celle du trail. Celui qui a quitté son Népal natal en 1998 pour s’installer à Genève a depuis parcouru bien du chemin.

Avec une centaine de victoires sur les plus grands ultra-­trails du monde (dont l’UTMB en 2003), Dawa Sherpa est devenu une légende de la discipline. Un terme que le principal intéressé n’apprécie guère. Malgré un palmarès aussi haut que tous les sommets qu’il a gravis, l’homme respire l’humilité. « Lorsque l’on est sélectionné sur les trails comme coureur “élite”, je trouve que cela ne veut rien dire. Lorsque l’on gagne deux-­trois courses, on est tout de suite considéré comme un coureur “élite”. Si tu ne gagnes pas, cela veut donc dire que tu es un moins que rien ? Non, pour moi ce n’est pas possible. Il n’y a aucune différence. Je suis un coureur comme tout le monde. »

« Le travail est une discipline de la vie »

Cette distance par rapport aux choses, Dawa Sherpa la cultive au quotidien. L’ultra­traileur a ainsi refusé catégoriquement de quitter son travail pourtant ô combien difficile dans le bâtiment. « Le travail est une discipline de la vie », déclare-­t-­il d’ailleurs sans fard. Il n’a jamais voulu tirer ni gloire ni profit de son don acquis naturellement dans les montagnes de l’Himalaya. L’explication est relativement simple en fait… Dawa Sherpa ne voit pas le trail comme une discipline sportive. L’esprit de compétition ne l’habite pas. Pour lui la notion de plaisir doit primer. Sans cela, plus rien n’a de sens. « Beaucoup de coureurs font énormément de sacrifices pour aller chercher des points pour pouvoir s’engager sur des ultras. Et beaucoup d’entre eux finissent par se blesser car ils forcent trop pour aller le plus loin possible. Et quand je parle de sacrifices, je parle de sacrifices humains, familiaux et même financiers. Je trouve que cela a un côté dangereux. Je n’ai jamais trop compris les personnes qui sont accros, qui ne peuvent pas rester deux semaines sans courir. Même si tu ne peux pas courir, tu peux aller marcher, aller nager, faire du vélo… Il y a plein d’autres choses à faire dans la vie. »

À l'écoute de son corps

Savoir se poser pour profiter un maximum des choses… Un mantra que Dawa Sherpa s’applique à lui-­même. Ce matin, le Népalais sera au départ de l’épreuve de 43 kilomètres. Une volonté de sa part. En totale écoute de son corps et de ses sensations, le traileur souhaite prendre un peu de distance avec l’ultra­-trail. Cet autre « extra­terrien » demeure là aussi très humble face aux défis de la physiologie. « Depuis 2010, j’ai compris comment le corps humain supporte les difficultés liées à l’ultra­trail. C’est physiquement très difficile de récupérer. J’ai donc voulu revenir aux distances que je pratiquais lorsque j’ai commencé la discipline, il y a 25 ans. » Un discours rassurant et empreint de sagesse dans un monde où la course à la performance devient la norme. Dawa Sherpa nous permet de marquer une pause. Et cela fait du bien…

 

Arnaud Clergue
Twitter : @arnaudclergue

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