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Photo © photos fred marquet

13 km thiernois : et Masha Hailé se donna de l’espace

L’expérience de Masha Hailé sur le 13 km, la fougue juvénile de Matias Chazal sur le 5 km : Thiers a joué du contraste, samedi. Et de la chaleur.

Masha Hailé était au-dessus de tout le monde, samedi, à Thiers. Et si ça ne parut pas évident sur le premier tiers de ces « 13 km », c'est parce qu'on ne regardait que ses jambes.

Qui semblaient tourner à un rythme un peu en deçà des Nduwimana, Ouslib, Nizigiyama, Muraga et autre MBuru, les leaders d'un petit groupe qui, dès la sortie des terrains de sport, avait commencé à prendre ses distances sur le reste d'un peloton gonflé de concurrents.

Les jambes de Hailé, en fait, allaient bien. C'est juste que l'Éthiopien du Clermont Athlé faisait d'abord travailler sa tête : « Cette année, c'était un nouveau parcours. J'ai préféré être prudent en restant avec les autres. »

Les autres qui allaient, à terme, ne devenir qu'un, le Kenyan Akim MBuru, longtemps en résistance dans la succession des rampes. De véritables lames pour les jarrets de Nduwimana et Nizigiyama, notamment, qu'on avait connus bien plus alertes en cité coutelière.

Hailé-MBuru, MBuru-Hailé, Ethiopie-Kenya, Kenya-Ethiopie, l'épreuve de La Frat' au cœur du tortueux centre-ville, dessinait un coude-à-coude que le dernier passage en escaliers confirma.

Mais le duel ne dura pas. Masha Hailé ressentit soudain comme un besoin d'« espace », au propre comme au figuré : à l'attaque de la longue montée s'enroulant autour de la salle éponyme et de son parking, le sociétaire du Clermont Athlé fit parler sa culture… de la gagne : « Il restait encore du temps pour attaquer mais je me suis dit que là, c'était bien. » Et quand Hailé veut… Il restait certes une grosse descente à venir, et quelques bosses, dont la petite dernière, pour la route, sur le retour vers la piste du stade, fit pas mal causer pour la relance taquine qu'elle imposa à des organismes déjà bien mâchés.

Des bosses, des relances, des descentes

Masha, lui, filait vers le succès sous la barre symbolique des 45 minutes (44'57"). Derrière lui, on notera le beau finish du trio auvergnat Guilhoto (7e), Riahi (8e) et Berthiaud (9e), tous en 15 secondes dans le même tour de piste, et donc réglés par le Montluçonnais, solide jusqu'à terminer sur une énorme accélération.

Chez les féminines, Charity Theuri réalisa très vite l'exigence du parcours quand après seulement 3 km, elle ressentit déjà dans ses muscles, les effets de la première bosse. Mais elle persista dans une allure qui lui permit rapidement de se détacher. Les pentes, les relances, Marine Place les ressentit aussi, surtout au retour des France de montagne mais elle répondit au triple défi route-bosses-piste du jour pour aller obtenir un beau deuxième rang. Sur lequel Cindy Ribeyre eut régulièrement des visées. Mais Place afficha jusqu'au bout sa capacité à faire remonter sa cote à chaque bosse.

Des bosses, oui, mais un profil surtout descendant quand même que celui du 5 km. Dans lequel le cadet Matias Chazal aura plongé, d'entrée, avec un bel enthousiasme. Une fougue dont le lycéen de Montdory ne se départit jamais face à toutes les tentatives de retours. De l'espoir du Forez, Gourbeyre, surtout. Barrage que le cadet vichyssois Egraud ne put faire tenir à son podium, l'échappant sur un rush de renard du vétéran Bulidon, au dernier virage.

Des montées, des descentes, des virages mais aussi des secteurs plats : c'est sur ces derniers que l'Asémiste Claudia Goncalves a fini d'assurer son succès bitord, samedi.

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