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Sidney Govou : "Mes vrais potes sont ceux du Puy"

Sept ans après avoir arrêté sa carrière de joueur professionnel, Sidney Govou revient sur sa carrière à l'Olympique Lyonnais, marquée par sept titres de champion de France.

Quel est votre plus beau souvenir ?

« C'est sans doute le premier titre de champion de France. Le premier de Lyon d'ailleurs. C'est quelque chose qui marque. Je ne parle pas de la coupe du monde 2006 parce que l'on a perdu en finale. Tout comme en 2010 où on est éliminé en demi de Ligue des Champions par le Bayern (0-1, 0-3). Si j'avais gagné ces deux matchs, ç'aurait été différent. »

Votre plus belle saison ?

« En 2004-2005. J'ai du mal à digérer Eindhoven (élimination en quart de finale de Ligue des Champions, 1-1, 2-2, 4 tab à 2). On avait fait une très, très grosse saison. On avait un super groupe. C'est cool d'avoir pu aller aussi loin, je pense que l'on était pas loin de gagner. C'est clairement l'une de mes meilleures saisons. »

Et votre pire ?

« C'est l'année d'avant, en 2003-2004. Je me blesse en début de saison (à la cheville) et je traîne la patte pendant six mois. Quand je joue je suis à la rue. Les gens me critiquaient parce que n'étais pas bon. »Mai 2004, Sidney Govou exulte après avoir marqué contre Lille, pourtant, quelques mois avant il connaît sa pire période de sa carrière.

L'entraîneur que vous avez le plus apprécié ?

« Paul Le Guen (2002-2005) m'a vraiment marqué. C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup encore aujourd'hui. Sans offenser les autres, il y avait quelque chose qui se passait entre lui et moi. Il m'a fait prendre conscience de ce que je valais vraiment. »

Un match ?

« Ça serait la victoire dans le derby face à Sainté, 3-2. C'était en 2004-2005. À ce moment-là, on a un sentiment de puissance énorme. On se dit que pas grand chose ne peut nous arriver. On a une telle assurance... »

Un coéquipier dont vous êtes proche ?

« Le foot c'est étrange... Les coéquipiers avec qui je suis resté proche ne sont pas ceux que les gens croient. Je suis très pote avec Rémy (Vercoutre) et Toto (Sébastien Squillaci). Mais dans le vestiaire, j'étais "ami" avec tout le monde. J'ai un peu d'égo donc, parfois, ça ne passait pas avec certains. Mis à part ces deux-là, je n'ai pas de supers potes dans le foot. Je garde tout même de très bons contacts avec Wiltord, Greg Coupet et Juni (Juninho). Mais mes vrais potes sont ceux du Puy. Ils n'ont pas attendus que je sois footballeur pour qu'on soit ami. » L'année que j'ai passé au Puy Foot était extraordinaire. On se marrait, j'ai adoré.

Le joueur le plus fêtard, c'était vous ?

« Je dois être pas mal, oui. J'ai cette réputation parce que l'on m'a collé une étiquette dans le dos. J'ai vécu avec, mais ça n'est pas toujours marrant. Parfois, ça me fait rire, d'autres fois, moins. Surtout que lorsqu'on me connaît dans le détail, je ne suis pas dans l'excès. Certes j'aurais peut-être pu aller voir ailleurs mais c'est comme ça que je voulais vivre. »

Si vous deviez choisir entre Brives-Charensac et Le Puy ?

« (Sans hésiter) Brives ! C'est toute ma jeunesse. J'y suis resté jusqu'à mes 17 ans. J'ai connu les Jean-Claude Roche, Arnaud Teyssier. Au Puy, c'est Phil (Philippe Thiebault, actuel directeur financier du Puy Foot) qui m'y a emmené pour jouer avec les moins de 17 nationaux. Avec Philippe, on a fait beaucoup de conneries qu'on ne peut pas dire (rires). L'année que j'ai passé au Puy Foot était extraordinaire. On se marrait, j'ai adoré. Je me souviens de notre premier point pris, c'était à Montferrand. Je mets un doublé et on fait nul 2-2. On nous considérait un peu comme des paysans vu qu'on jouait au Puy. Et je savais que, parmi les spectateurs, des gens parlaient sur moi. »

Sidney Govou en bref : Né le 27 juillet 1979, au Puy-en-Velay. 471 matchs en professionnel (81 buts). 49 sélections en équipe de France (10 buts). Palmarès : 7 fois champion de France (2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007 et 2008), vainqueur de la Coupe de France (2008), vainqueur de la Coupe de la Ligue (2001), 4 fois vainqueur du Trophée des Champions (2002, 2004, 2005, 2007). Finaliste de la Coupe du Monde (2006).

Propos recueillis par Antoine Michelet

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