Actualité sportive en auvergne



Photo © François-Xavier GUTTON

"France" de montagne : un podium pour Demure

Une marche de plus. Quatrième voilà deux ans, le Mauriacois Fabien Demure s’est hissé sur le podium des "France" de montagne, ce dimanche. Récit.

Le Mauriacois Fabien Demure est allé chercher une belle médaille de bronze lors des derniers championnats de France de montagne disputés à Saint-Gervais, en Haute-Savoie, soit 14 km pour près de 1.000 m de dénivelé positif.

Dans quelles conditions se sont déroulés ces "France" de Montagne ?

« Sous la pluie, malheureusement, dès le matin, alors que la veille, il faisait encore un grand soleil. Il a plu plus ou moins fort mais après, une fois qu’on est parti, on ne s’en préoccupe plus. Et vu qu’il avait commencé de pleuvoir relativement tard, les chemins n’étaient pas défoncés. J’ai juste choisi de prendre une paire de trails plutôt que de « route » mais ça ne glissait pas excessivement. »

 

Quelle stratégie aviez-vous décidé d’adopter : un départ prudent, comme souvent, ou rapide ?

« Je suis parti prudemment. C’est vrai qu’il m’arrive partir un peu plus vite qu’à mon habitude mais à chaque fois ou presque, ça s’est traduit par un échec, en tout cas, ça n’a jamais été vraiment une réussite. Cette stratégie ne passe que si je suis vraiment en très grande forme, mais c’est exceptionnel. Je suis donc parti à mon rythme dans le groupe des 30-40 lors des deux premiers kilomètres et puis je suis remonté petit à petit. Au bout d’un petit kilomètre, au pied de la côte, il y avait un petit sentier étroit qui a créé un bouchon et j’en ai été un peu victime mais en fait à part Didier Zago (futur vainqueur et champion de France) qui est vraiment parti très vite, pour tous les autres, ça a été un peu compliqué de garder un bon rythme. Mais ce passage étroit ne durait pas longtemps et je pense que ce n’était pas trop le moment de s’affoler. Car derrière, il y avait de très grandes portions très roulantes et larges, parfaites pour relancer. Et les petites parties en descente (100 m de dénivelé négatif au total) n’avaient rien de très technique. »

 

Où est-ce que s’est jouée la course ?

« J’ai réussi à bien remonter jusqu’à la 6e place, à la mi-course, là, j’étais vraiment en mode reconquête mais derrière, j’ai accusé un peu le coup. J’ai même pensé que ça allait coincer pour conserver cette position mais en fait, c’est devant que ça a un peu craqué : j’ai fini par pouvoir revenir mais plus que moi qui ai remonté, ce sont ceux qui me précédaient qui ont ralenti. Et sur les 3 derniers kilomètres, j’ai retrouvé de l’aisance. »

« Didier Zago était au-dessus »

Vous la savourez à quel point cette 3e place ?

« Je suis très satisfait car voilà deux ans, j’avais terminé 4e : monter sur le podium, en obtenant ma meilleure place me convient parfaitement. Certains m’avaient peut-être vu champion de France mais moi, je me doutais que Sylvain Cachard serait très costaud et même si on l’attendait peut-être un peu moins, Didier Zago était au-dessus. Honnêtement, sur cette course, il y avait lui et les autres. Mais ça ne m’étonne pas vraiment : Didier Zago a déjà fait de très bonnes places aux France et aux Monde. Il n’est pas toujours au top mais quand il y est, c’est vraiment la grande classe. »

 

Cette 3e place vous laisse-t-elle raisonnablement envisager une sélection pour les prochains championnats d’Europe de Zermatt (Suisse), le 7 juillet ?

« Pour la sélection, on va encore attendre un peu. Les critères concernaient les deux premiers (Zago et Couchard, donc). Pour les deux places restantes, le choix en revient aux sélectionneurs. Me concernant, il faut attendre car Julien Rancon, Manu Meyssat et Alexandre Fine, absents parce qu’ils étaient aux championnats du monde de trail (Rancon, 2e, Meyssat, 6e, Fine 32e). »

 

Une attente qui a de quoi perturber la période d’entraînement et de préparation à venir ?

« Honnêtement, je n’avais pas prévu grand-chose, à part le relais de 2 fois 12 km de l’UTPMA, ce week-end mais vraiment pour le plaisir de courir dans le Cantal. En revanche, j’avais prévu de participer au Marathon du Mont-Blanc (30 juin) : si je suis sélectionné en Equipe de France, je disputerai les Europe, sinon, ce sera le Marathon que j’ai bien envie de découvrir. »

 

Jean-Philippe Béal

Commentaire