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Photo © ASO

Clermont, bientôt Grand départ du Tour ?

EXCLU. Le Tour de France va-t-il enfin faire son retour à Clermont-Ferrand ? Cela en prend le chemin puisque le maire Olivier Bianchi nous a confirmé que la capitale auvergnate avait bien fait acte de candidature en ce sens. Selon nos informations, un Grand départ est même envisagé à horizon 2018 ou 2019. Ce qui ne laisserait pas insensible Christian Prudhomme et ses équipes d'ASO...

« Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître... » Ces paroles si souvent chantées par Charles Aznavour résumeraient presque à elles seules l'histoire commune entre le Tour de France et Clermont-Ferrand. Pour être précis, il faudrait même parler « des moins de 30 ans » puisque le dernier passage de la course dans la capitale auvergnate remonte à ... 1988. Une éternité pour une ville de cette envergure. L'anomalie pourrait toutefois être réparée dans un futur proche, Olivier Bianchi, le maire, souhaitant en effet remettre sa ville dans la (Grande) boucle. 

« Oui, on a candidaté officiellement, plutôt pour 2018 ou 2019, nous a-t-il confié en exclusivité. J'avais dit il y a un peu plus d'un an que j'étais favorable à ce que le Tour puisse revenir sur les terres clermontoises car il y a la culture sportive du territoire et une histoire très forte liée à cette épreuve. Je ne sais pas si on arrivera à une solution qui permettra de revisiter cette histoire mais en tout cas, on travaille à ce que Clermont soit un jour au programme de la Grande boucle. »

« On gagnera bien quelque chose à la fin »



Pour se faire, Olivier Bianchi dit ne pas privilégier un scénario plutôt qu'un autre : « Je ne veux pas qu'on soit fermé sur une éventualité en disant "on va faire ci" ou "on va faire ça". Ce serait idiot que l'on rate le coche parce qu'on n'a joué que sur une seule hypothèse. Aujourd'hui, j'ouvre le segment le plus large possible : que ce soit une arrivée ou un départ, qu'il y ait la montée du puy de Dôme ou pas, que d'autres territoires de la métropole clermontoise soient intégrés comme Vichy ou Châtel-Guyon, ... Peu importe. Aujourd'hui, ce que je propose c'est d'ouvrir toutes les hypothèses pour voir et on gagnera bien quelque chose à la fin. »

Si tous les scénarios sont donc étudiés, un en particulier semble néanmoins tenir la corde aujourd'hui. Et pas des moindres. Selon nos informations, Clermont est plutôt bien placé dans la course à l'organisation d'un futur Grand départ du Tour. Une perspective que ne contredit pas Olivier Bianchi : « Cela aurait de la gueule », avoue-t-il.

La capitale auvergnate doit toutefois faire face à une concurrence des plus féroces, de nombreuses villes étrangères se bousculant déjà au portillon. En ce qui concerne l'étranger, on sait d'ores et déjà que le Tour s'élancera de Dusseldorf (Allemagne) l'an prochain et que Copenhague (Danemark), Bruxelles et Anvers (Belgique) ou Portsmouth (Angleterre) ont déjà fait acte de candidature. Les collectivités françaises ne sont pas en reste non plus avec la côte d'Opale, Nice, la Vendée ou Saint-Etienne. « Il ne faut pas que ce soit artificiel. Nous allons là où est la passion », déclarait récemment Christian Prudhomme à propos de toutes ces candidatures inaugurales. 

La candidature de Clermont « pas au fond de la pile » selon Prudhomme



Le directeur du Tour, très attaché à l'Auvergne où il passe ses vacances d'été, n'est pas insensible à celle émanant de Clermont. Selon nos informations, il a même répondu aux élus clermontois en trois petits jours.
Interrogé la semaine dernière, Christian Prudhomme nous a confirmé avoir « bien reçu une lettre d'Olivier Bianchi ». « Elle n'est pas au fond de la pile », a-t-il ajouté dans un sourire... Un bon signe ? L'avenir le dira.

Si le dossier venait à aboutir, Clermont-Ferrand bénéficierait en tout cas d'une fabuleuse promotion. Le jour de l'annonce officielle déjà, puis lors de la présentation du parcours. A l'approche du jour J, la ville serait plongée sous le feu des projecteurs, en France, bien sûr, mais également dans le monde entier. Pour rappel, le Tour est retransmis dans 190 pays. Et localement, un Grand départ engendrerait d'importantes retombées économiques. Cette année, par exemple, au Mont-Saint-Michel, les coureurs sont arrivés dès le mercredi, soit la veille de la présentation officielle. Sans oublier les suiveurs, les médias... Pendant au moins trois jours, c'est donc l'effervescence assurée dans la ville et dans les environs. 

De quoi rendre la note un peu moins salée. Car un Grand départ a forcément un coût. Deux millions d'euros au minimum, selon les sommes versées ces dernières années. Le jeu d'un Grand départ en vaut donc peut-être la chandelle. Surtout après trente ans de disette...

Photo © Archives Jean-Michel Lebaulch
Le dernier passage du Tour de France à Clermont date de 1988 avec un départ depuis la place des Bughes.

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