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Mon souvenir de l'année 2018 : le 25 novembre

A l'occasion des fêtes de fin d'année, les journalistes de la rédaction des sports de La Montagne et de sports-auvergne.fr vous racontent le souvenir sportif de l'année 2018 qui les a le plus marqué. Cinquième volet, ce mercredi, avec Stéphanie Merzet qui revient sur l'une de ses premières rencontres avec Jessy Trémoulière, sacrée meilleure joueuse de rugby de l'année le 25 novembre dernier.

L’une des premières fois où mon chemin a croisé celui de la rugbywoman Jessy Trémoulière, c’était lors de l’été 2011. Avec un photographe, nous avions pris la direction de Brioude, en Haute-Loire, dans son territoire. 

 
A cette époque, la joueuse internationale avait 19 ans et seulement deux ans de rugby dans les jambes, mais elle portait déjà le maillot de l’équipe de France. Elle m’avait glissé à l’époque qu’elle avait l’impression de « rentrer dans ‘‘une’’ histoire ». La vérité était plus forte, elle rentrait tout simplement dans l’Histoire. Celle du rugby féminin au niveau mondial. Toutefois, ce qui m’avait surtout frappé ce jour-là, au-delà de cette fulgurante ascension rugbystique, c’était la personnalité de Jessy, douce et forte à la fois.  
 

Travail et persévérance 

 
Elle nous avait accueillis, en toute simplicité et les portes grandes ouvertes, chez elle, avec son papa, dans l’exploitation familiale de vaches laitières. Et elle nous avait proposé de boire, entre autres, un sirop assez surprenant à l’arôme de barbe à papa. C’était la première fois de ma vie que j’avais l’occasion de "m’hydrater" avec cette saveur sucrée de mon enfance. Je dois avouer que cela n’a pas été très concluant… A l’opposé, les propos de cette arrière d’exception l’ont été beaucoup plus dans la suite de sa carrière. Ils m'avaient même interloqué et touché. Elle m’avait en effet confié pendant la visite de la ferme qu’ « il existait des similitudes entre le rugby et le monde agricole, qu’il fallait tout le temps travailler, persévérer. » Elle avait également précisé « qu’il s’agissait de deux milieux difficiles, mais ce qu’elle aimait dans la vie ne lui faisait pas peur. Elle savait mettre la volonté nécessaire pour réussir. » En sept ans, ces valeurs de travail et de persévérance n’ont jamais dû la lâcher. 
 

Un parcours d’exception 

 
Il suffit de détailler le chemin parcouru depuis pour le prouver : troisième de la Coupe du monde en 2014, plusieurs succès au tournoi des Six Nations et un total de 38 sélections avec l’équipe nationale. Il y a eu aussi l'épopée bleu blanc rouge effectuée en rugby à 7 avec une participation aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Enfin, il y a eu les blessures qui l’ont parfois écarté des terrains, notamment lors de la Coupe du monde en 2017, mais jamais, ô grand jamais, elle n’a baissé les bras. 
 
Et puis, il y a eu ce dimanche 25 novembre 2018. Jessy Trémoulière reçoit le Prix de la meilleure joueuse de rugby au monde. Elle devient ainsi la première Française à conquérir ce trophée. La consécration ? Pas sûr. Jessy porte encore en elle de belles ambitions. Avec sa force, sa grande générosité et ses 26 printemps, elle a en ligne de mire des titres et des médailles à foison. 
 
Oui, dans une vie de journaliste, il y a des rencontres qui vous marquent plus que d’autres, que l’on n’oublie pas, comme une saveur sucrée de l’enfance, celle de la barbe à papa… 
 
 
Stéphanie Merzet

 

 

Les épisodes précédents :

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 12 mai (Francis Laporte)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 25 février (Jean-François Nunez)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 23 novembre (Luc Barre)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 21 juillet (Raphaël Rochelle)

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