Actualité sportive en auvergne



Sports-Auvergne Rugby
Photo © Richard Brunel

Cromières (ASM) : "Le talon, un dossier prioritaire"

Sans langue de bois ni faux-fuyant, le président clermontois évoque le sujet toujours épineux des joueurs qui arrivent au terme de leur contrat, sur la façon dont l’ASM a réussi à conserver certains cadres et sur les priorités à venir.

Quelques jours après la prolongation de Vahaamahina, qui suivait celle de Fofana, nous avons rencontré Éric de Cromières pour qu'il nous parle de ce chantier toujours perpétuel de l'effectif de son club sur le court et moyen terme.

Vous venez de prolonger les contrats de Fofana et Vahaamahina. Ce type de renouvellement, sur des joueurs très sollicités, est-il plus compliqué aujourd'hui à boucler pour un club comme le vôtre ? 

« Ce qui est compliqué, c'est d'être dans l'incertitude permanente. La loi LNR (Ligue) empêche un club de contacter un joueur avant qu'il n'attaque sa dernière année de contrat. Or, on sait très bien que pour Fofana et Vahaamahina, ça n'a pas été respecté. »

Mais l'ASM n'avait-elle pas agi de la même façon avec Slimani ? 

« Je ne pense pas, mais je n'étais pas dans la boucle à l'époque sur ce dossier. Si on l'a fait, c'était une erreur. Pour en revenir à la loi, j'estime que c'est une règle de vie raisonnable. Sinon, c'est le bordel et ce genre de situation crée une atmosphère bizarre entre le joueur et son club. Après, on sait que des clubs emploient des moyens plus ou moins en adéquation avec le salary cap pour transformer des salaires en autre chose. Ce que l'on ne veut pas faire ici à l'ASM. »

Comment avez-vous retenu alors ces joueurs, si ce n'est en vous alignant financièrement ? 

« On ne s'est pas aligné pour Fofana qui n'a pas eu d'augmentation, alors que je suppose qu'on lui proposait mieux ailleurs. Je crois savoir que Vern Cotter (coach de Montpellier, ndlr) n'était pas très content qu'il signe à nouveau chez nous. Pour Vahaamahina, c'est différent. On s'est un peu plus aligné financièrement car il partait de plus loin. On peut dire qu'il a eu une bonne réévaluation. Mais, je tiens à dire que l'on se bat pour garder ces joueurs importants avec nos armes, qui ne sont pas forcément financières. »

Bordeaux semble avoir mis la main sur Lamerat pour la saison prochaine… 

« En ce qui me concerne, je suis dans l'incertitude. On souhaiterait garder ce joueur, il a eu des propositions de notre part mais on ne va pas casser la tirelire non plus. » (voir les précisions du président)

Peut-on dire que vous pourriez lâcher Lamerat pour gagner un peu de salary cap ? 

« Pour tout dire, on ne peut pas augmenter le contrat de Lamerat si on veut garder de la latitude avec le salary cap. »

Quelle est votre position sur Kayser et Chouly, en fin de contrat, qui auront 34 et 33 ans en début de saison prochaine ? 

« Il y a plusieurs possibilités, c'est assez ouvert. Ce sont des joueurs que l'on aimerait garder, pas forcément dans la situation actuelle. Cela dépend aussi d'eux. On peut imaginer utiliser Kayser un an de plus comme numéro 1, avec, après, un salaire dégressif si on trouve quelqu'un. À l'ASM, nous sommes pragmatiques, on n'est pas un club à sensations. On s'appuie sur la qualité des hommes, sur leur capacité à transmettre. Kayser et Chouly sont deux joueurs à plus de 40 sélections, des hommes équilibrés, intelligents, deux joueurs importants dans le vestiaire et deux hommes importants dans le club. On discute avec eux, après, si on leur offre mieux ailleurs… »

Le poste de talonneur fait-il l'objet d'une attention particulière pour la saison prochaine et peut-on attendre l'arrivée d'une pépite mondiale ? 

« C'est un dossier prioritaire et on peut tout envisager. Le talonneur fait partie de la colonne vertébrale de l'équipe, on pourrait sans doute faire l'effort sur ce poste mais on ne peut pas en dire plus aujourd'hui. »

Sur les éventuelles prolongations des autres joueurs en fin de contrat (Van der Merwe, Jedrasiak, Kolelishvili, Simutoga…) où en êtes-vous ? 

« Chaque chose en son temps. La priorité était de bloquer notre épine dorsale. On est en train de constituer le prochain squelette de l'équipe. On a l'ossature, on va s'attaquer au reste. »

L'absence de Champions Cup vous pénalise-t-elle sur le plan financier et quelle est la santé de l'ASM ? 

« On perd 350.000 euros en ne participant pas à cette compétition. On l'a quantifié dans notre budget. Après, si on est capable de recevoir le quart et la demie du Challenge, non seulement on gommera cette perte mais on fera mieux que si l'on jouait la Champions Cup. Donc, la santé financière du club est bonne, il n'y a pas de soucis. »


Christophe Buron

Commentaire