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Le Clermontois Diawara, ce globe-trotter du football

Chypre, Portugal, Angola et maintenant Qatar… la carrière du Clermontois Mamadou Diawara est jalonnée d’expériences et de cultures tout à fait différentes. Mais qui, au final, l’ont fait grandir.

On dit souvent que les voyages forment la jeunesse. Mais ils peuvent également façonner la personnalité d'un homme. Le faire grandir. Le sport professionnel, et le football tout particulièrement, peut amener chaque joueur à tout plaquer du jour au lendemain pour tenter sa chance à l'étranger. C'est la règle du jeu. Cela a été le cas pour le Clermontois Mamadou Diawara. 

Alors qu'il sortait tout juste de sa formation au Clermont Foot, l'attaquant a été contraint de choisir l'exode vers la Chypre et le club de l'Akristas Chlorakas. La seule solution pour trouver du temps de jeu et lancer enfin sa carrière alors qu'il évoluait le plus clair de son temps au sein de la réserve clermontoise. Le football est une chose. La vie personnelle en est une autre. Devoir tout plaquer et laisser famille et amis relève du pari ultime lorsque l'on a tout juste vingt ans.

Des allers-retours Angola - France
pour voir sa famille

« Etant natif de Clermont-Ferrand, à la base je ne voulais pas partir, explique Mamadou Diawara. Je préférais rester en France. Mais les choses ne se sont pas réalisées comme ça. Mon agent m'a proposé plusieurs pistes à l'étranger. Je n'étais vraiment pas très chaud mais j'y suis allé. Et, finalement, ça a bien marché pour moi. »

2011, direction la Chypre donc. Il ne le sait pas encore, mais la petite île de Méditerranée ne sera qu'une première étape dans le road movie du longiligne attaquant. Portugal (2012-2014), Angola (2014-2018), Qatar (2018)… Autant de pays et de cultures différents auxquels il faut s'habituer de manière à s'intégrer du mieux possible. Mais le Clermontois en est conscient, ces différentes expériences l'ont fait grandir plus vite.

« L'étranger m'a vraiment fait grandir. J'ai pu apprendre de nouvelles cultures. La barrière de la langue était à chaque fois quelque chose de difficile. Mais petit à petit j'ai appris. Je parle désormais anglais et portugais couramment. Quand je suis arrivé à Chypre, j'avais à peine 22 ans. Je n'étais pas encore marié. Je ne connaissais rien. Je n'étais encore qu'un gamin. En choisissant de quitter la France, je me suis retrouvé seul et donc je n'ai pas eu d'autre choix que de me gérer tout seul, d'être autonome. J'ai vraiment mûri à vitesse grand V. »


Mamadou Diawara à Libolo (Angola) :



A l'aube de ses trente ans, Mamadou Diawara semble donc parfaitement épanoui. Son discours calme, posé et réfléchi traduit l'image d'un homme parfaitement à l'aise dans ses pompes. En accord avec ses choix de carrière et ses convictions. Bien sûr, tout n'est pas facile tous les jours. Par la force des choses, la vie de famille est parfois complexe à gérer. Là aussi, il faut faire des concessions. Lorsqu'il était encore en Angola, l'attaquant a fait le choix de laisser sa famille à l'abri pour des questions de sécurité, profitant du moindre temps libre pour effectuer des allers-retours en France pour rendre visite à son épouse et à ses deux enfants en bas âge.

« Le plus difficile est arrivé à la naissance de mes enfants. Avant cela, ça ne posait pas trop de problème. Ma femme est une personne voyageuse. Mais en Angola, je ne pouvais pas avoir ma famille à mes côtés. Pour des questions sanitaires, pour mes enfants. C'est un pays où le paludisme est très présent. Donc, dès que j'avais des repos, dès que le coach nous accordait du temps libre, j'en profitais pour rentrer en France. »

Cette période un peu délicate sur le plan personnel appartient désormais au passé. Avec son transfert au Qatar, Mamadou Diawara va bientôt pouvoir faire venir sa famille. Au pays de l'or noir, il existe en effet des écoles françaises et les conditions de vie sont parfaites pour l'éducation de ses enfants. Si Mamadou Diawara a perdu en ferveur niveau football avec des stades souvent remplis au Portugal ainsi qu'en Afrique (jusqu'à 80.000 personnes en Ligue des champions africaine), il a tout à gagner dans sa vie de famille.

Ce jeune homme qui a mûri plus vite que les autres l'a bien compris. Voyager c'est grandir… et pas seulement qu'un peu…

Arnaud Clergue

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