Actualité sportive en auvergne



Photo © Cécile CHAMPAGNAT

Mon souvenir de l'année 2018 : le 12 août

A l'occasion des fêtes de fin d'année, les journalistes de la rédaction des sports vous racontent le souvenir sportif de l'année 2018 qui les a le plus marqué. Neuvième volet, ce samedi, avec Jean-Philippe Béal qui revient sur le 12 août, jour où l'athlète vichyssoise Clémence Calvin, pour son premier marathon, a remporté la médaille d'argent des championnats d'Europe.

Il en est ainsi du métier de journaliste sportif. On côtoie des athlètes, certains alors
qu’ils n’en sont encore qu’aux prémices de la belle carrière que leur talent précoce
et leurs résultats dessinent. La carrière avance, comme espéré. On la suit. De très
près. Puis, parfois, un jour, de plus loin, soit pour cause de mutation professionnelle soit parce que le parcours de l’athlète se poursuit ailleurs. Les contacts, alors, logiquement, deviennent moins fréquents. Ce qui ne veut pas
dire qu’on s’oublie pour autant.


Le 12 août, après sa médaille d’argent obtenue le matin même, lors des
championnats d’Europe d’athlétisme qui se disputaient à Berlin, sur le premier
marathon de sa carrière, j’ai renoué ce lien, d’un simple SMS de félicitations avec
la Vichyssoise Clémence Calvin, établie dans le sud de la France depuis plusieurs
années. Message auquel elle a pris soin de répondre. Chaleureusement. Avant d’accepter volontiers, quelques jours plus tard, depuis Font-Romeu, où elle
s’offrait un séjour en famille pour récupérer du tourbillon de sollicitations
médiatiques ou autres qui l’avaient suivi, de revenir en détail sur son exploit de
Berlin
. D’autres, je peux vous l’assurer, n’auraient pas eu cette attention.

 

Un chef d'oeuvre... dès les cadettes


Exploit, oui, en totale néophyte sur la distance, que de venir prendre un argent qui,
à 200 mètres de la ligne pouvait même encore être de l’or, qui reviendra à la
Biélorusse Volha Mazuronak, au bout d’un final échevelé, mais dont je n’avais vu, en effet, « que » ce que la télévision publique avait bien voulu m’en offrir, assis à mon bureau de la rédaction du journal. Où, autour de moi, il y avait alors bien moins de monde qu’en 2007, à Vichy, où j’étais alors en poste, et 2011 à Paray-le-Monial, les deux fois pour des championnats de France de cross-country, où sous le maillot de « Courir à Cusset », elle s’était distinguée. Ou qu’en 2014, à Zurich, pour un 10.000 m de championnat d’Europe, déjà. Trois de ses faits d’armes que j’avais eu, alors, la possibilité de couvrir sur place pour le journal. Notamment le premier, auquel la sortie berlinoise de Clémence, désormais sous licence martégale, m’a inévitablement fait penser, pendant que kilomètre après kilomètre, elle suscitait l’admiration de mes confrères, commentant sa course « les larmes aux yeux ».

 


Parce que ceux-là, « j’y étais ! », comme le dit, après-coup, l’enthousiaste
spectateur ou chroniqueur d’un événement marquant ? Pas seulement.
En 2007, à Vichy, j’estime avoir eu la chance d’assister à la confirmation de
l’émergence d’un immense talent. Ce 4 mars 2007, Clémence ne disputait pourtant
« que » ses deuxièmes championnats de France de cross-country, catégorie…
cadette. Mais avec la pression d’une tenante du titre, évoluant sur ses terres,
devant des milliers de personnes, de surcroît. « Le chef d’œuvre de Clémence
Calvin », avais-je même titré à l’époque. Pleine page.

 

Le même naturel, le même sourire, la même fraîcheur de propos..


Un chef d’œuvre ? En cadettes ? Avec le recul, oui, encore et toujours. Car il y
avait bien de cela, quand même, déjà, voilà 11 ans : responsabilités assumées,
attentes récompensées, dureté au mal et capacité à aller au bout de soi-même.
Où l’on reparle de Berlin. Parce que toutes ces qualités, en ce 12 août, « journée
parfaite », je les ai vues ressurgir, avec, je l’avoue, une émotion sensible, sur mon écran. Mais aussi parce que, face aux micros, carnets de notes et caméras tendus devant elle à Berlin, j’ai retrouvé, chez Clémence, le même naturel, le même
sourire, la même fraîcheur de propos... et une disponibilité, une bienveillance,
même, vis-à-vis de son interlocuteur dont j’avais moi-même souvent « bénéficié »
dans un passé finalement pas si lointain.


Celles avec laquelle, tout juste après sa course, le temps de saluer ses
adversaires, son compagnon, elle aura mené de front interview et rôle de jeune
maman en prenant dans ses bras Zaccaria, qu’on retrouvera également sur le
podium. De Berlin, donc, Clémence me confiera quelques jours plus tard, au téléphone : «  Je n’ai pas de regrets, j’ai été battue par plus forte que moi ». Et de m’assurer également n’avoir eu cure de la mini-polémique ayant accompagné sa sélection sur la distance mythique des 42,195 km, alors qu’elle ne l’avait jamais courue jusque-là : « Je ne me nourris vraiment que d’ondes positives ».


Ce sont elles, sûrement, qui l’auront en partie portée, pendant 2h26’28’’ jusqu’à la
deuxième marche du podium. Et qui l’ont amenée, tout aussi sûrement, au cœur
d’une nuit berlinoise festive, à la mi-août, à chaleureusement répondre à un SMS…


Jean-Philippe Béal

 

Les épisodes précédents :

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 12 mai (Francis Laporte)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 25 février (Jean-François Nunez)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 23 novembre (Luc Barre)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 21 juillet (Raphaël Rochelle)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 25 novembre (Stéphanie Merzet)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 6 janvier (Kevin Lastique)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 13 novembre (Frédéric Verna)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 10 août (Sébastien Devaur)

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