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Photo © BOILEAU FRANCK

Mon souvenir de l'année 2018 : le 25 février

A l'occasion des fêtes de fin d'année, les journalistes de la rédaction des sports de La Montagne et de sports-auvergne.fr vous racontent le souvenir sportif de l'année 2018 qui les a le plus marqué. Deuxième volet, ce mardi, avec Jean-François Nunez. Retour sur la troisième édition, pour le moins renversante, du All Star Perche.

Du jamais-vu. Un vent de folie s'est engouffré dans la Maison des Sports et il a quasiment tout emporté sur son passage. Clermont-Ferrand a basculé dans une autre dimension, ce dimanche 25 février, avec un All Star Perche record. Le plus grand concours de l'histoire de la discipline avec sept athlètes à 5,88 m et plus, le record du monde juniors pour le prodige suédois Armand Duplantis, le record de France féminin de Ninon Guillon-Romarin, la victoire finale de Sam Kendricks.

Du côté des féminines, le dernier mot revient à l'Américaine Katie Nageotte (4,86 m) devant Anzhelika Sidorova battue aux essais. Un peu chauvin, je n'ai d'yeux que pour Ninon Guillon-Romarin qui vient de battre le record de France féminin avec 4,72 m. Avant cela, j'ai surtout craint le pire, comme tout le monde, quand l'UKrainienne Maryna Kylypko retombe mal et atterrit dans le butoir.  Elle sortira de l'hôpital le lendemain. Ce sport ne pardonne rien.

Record de France pour Ninon Guillon-Romarin avec 4,72 m. Depuis, elle l'a encore amélioré pour le porter à 4,75 m. Photo Francis Campagnoni

Ce qui se fait de mieux

L'athlétisme est le roi des sports et la perche sa discipline la plus folle. Pour cette troisième édition, Renaud Lavillenie a réuni ce qui se fait de mieux sur la planète. Et ses invités de marque le lui ont bien rendu. Au bord du sautoir, je n'ai qu'un seul regret finalement. Celui que ce concours complètement dingue n'ait pas été encore plus haut, avec un vainqueur à 6 m, une barre toujours symbolique et mythique.

Sam Kendricks a remporté cette troisième édition du rendez-vous clermontois.

Les perchistes défilent, les records personnels tombent et je commence à me gratter la tête quand je vois cette liste de qualifiés s'allonger sans fin. Il y a les favoris bien sûr comme Sam Kendricks et Renaud Lavillenie. Juste derrière eux, les deux outsiders polonais Pawel Wojciechowski et Piotr Lisek. Et enfin la relève suédoise incarnée par Armand Duplantis, ainsi que deux Français Axel Chapelle et Kévin Menaldo.

Duplantis donne déjà des indices

Duplantis n'en est qu'au tout début d'une année où il sera sacré champion d'Europe en plein air à l'issue d'un autre concours de haut vol. Je le vois balayer le record du monde juniors en salle d'un revers de la main : 5,88 m. Axel Chapelle et Kévin Ménaldo effacent la même barre et signent leur record personnel. Avec ces deux là en plus, le compte est bon. Ils sont sept, sept toujours en course après avoir effacé 5,88 m.

 

Armand Duplantis, le jeune prodige suédois, avait déjà frappé fort à Clermont (5,88 m) Depuis, il a battu son record du monde juniors trois fois pour le porter à 6,05 m. Photo Franck Boileau

Je ne le sais pas encore, mais la rumeur grandit sur le niveau de ce concours. Je commence alors à fouiller dans mes souvenirs. Ma mémoire m'abandonne lâchement. Chacun sort alors ses stats, fouille sur les sites spécialisés, cherche, recherche. Personne ne trouve. Normal, c'est du jamais-vu. Sans le savoir, j'assiste au plus grand concours de l'histoire du saut à la perche.

Et Kendricks monte en tribune

Menaldo, Lisek, Duplantis, Chapelle et Wojciechowski s'arrêtent  à 5,93 m. Les deux patrons vont s'expliquer entre eux. Kendricks, le gars du Mississipi, passe au premier essai et Lavillenie au troisième. Je me dis que cela peut aller très haut. Mauvais pressentiment. Le concours s'arrête là.

 

Organisateur, compétiteur, Renaud Lavillenie cumule les casquettes. Photo Francis Campagnoni

Pas tout à fait. La zone mixte d'après concours permet de retrouver les champions. Francis, mon collègue, retrouve Renaud Lavillenie qu'il suit tout au long de la saison. Pour moi, ce sera notamment Sam Kendricks. Un champion sur toute la ligne. Je lui demande alors s'il peut venir saluer trois supportrices américaines en tribunes. "No problem".

 

Les trois volleyeuses américaines de Chamalières avec Sam Kendricks.
 

Nous voilà partis tous les deux vers les gradins comme si de rien n'était. Et là, le simple bonjour poli du perchiste se transforme en échange informel et improvisé de dix bonnes minutes avec Kathleen Gates, Paige Neuenfeldt et Lauren Schad, les trois volleyeuses US de Chamalières. Dix minutes étonnantes, simples. Je ne comprends pas tout, sauf les rires et les sourires. Un All Star Perche pas comme les autres.

 

Jean-François Nunez

 

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Les épisodes précédents :

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 12 mai (Francis Laporte)

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