Actualité sportive en auvergne



Photo © Jean-Louis GORCE

Trail : Romain Maillard de nouveau en Bleu

Le Clermontois Romain Maillard a été retenu dans la sélection d’athlètes appelés à représenter la France lors des prochains championnats du monde de trail, qui se disputeront le 8 juin à Miranda do Corvo, au Portugal. 

C’est suite à sa quatrième place sur le Trail Drôme, épreuve choisie comme course de sélection pour les prochains Mondiaux et sur laquelle les Auvergnats ont réalisé un superbe tir groupé dans le top 15 (*) que Romain Maillard, 7e des Mondiaux 2018, a validé son billet en bleu. Un soulagement pour le licencié du Clermont Athlétisme Auvergne.

Romain, quel a été votre sentiment à l’annonce de cette troisième sélection ?

« Pendant la course, j’effectuais mes petits calculs, notamment par rapport à Ludo Pommeret (Nicolas Martin et Julien Rancon étaient devant). Pour moi, il allait finir troisième et moi quatrième voire, peut-être, l’inverse, mais en tout cas, je savais que ça allait être au prix d'un rude combat car je connais le Ludo rageur des fins de course, je sais qu’il ne lâche pas. Je me disais aussi que 4e, ça pouvait passer pour la sélection. Ça s’est vérifié et c’est une grosse satisfaction, c’est certain. Car ce sont des sacrifices, même si je ne suis pas sûr que ce soit vraiment le bon terme, parce que c’est quand même ma passion avant tout et ça reste un plaisir. Mais un plaisir qui nécessite de concilier plein de choses, la vie de famille, la vie professionnelle… C’est une récompense. Il faudra maintenant savoir bien l’honorer, mais ça reste une récompense. »

On revient plus en détail sur le scénario de Trail Drôme ?

« Quand j’ai vu, au 28e km, que j’étais 7-8e, au final, terminer à la quatrième place, je me dis que c’est bien, surtout en ayant pu jouer la 3e place sur les 6 derniers kilomètres. J’ai voulu jouer devant toute la première partie de course mais sur ce parcours en 8, il y avait une montée de 800 m de positif et beaucoup se sont dit que la différence allait se faire là. Ils s’y sont cramés les ailes mais moi quand je les ai vus partir, à leur allure, j’ai quand même eu peur que ce soit compliqué pour moi. Je comptais sur le fait qu’ils commencent à baisser pavillon au 20e km, mais non. En fait, c’est arrivé au 30e. Moi, j’avais continué à mon rythme en me disant que de toute façon, si j’allais plus vite, j’allais me cramer, et qu’il fallait juste ne pas lâcher. Et je suis rentré ! Ludo Pommeret (3e) et Manu Meyssat (5e) ont d’ailleurs fait la même course que moi, même en partant de plus loin.


Quel est votre prochaine échéance en vue du 8 juin ?

« Elle vient très vite puisqu'on a un rassemblement de l’équipe de France prévu dès ce week-end, avec tous les athlètes sélectionnés qui auront pu se rendre disponible. On part vendredi pour passer deux jours complets sur place, au Portugal, afin de découvrir le site et effectuer une reconnaissance du parcours. Je pense que c’est important de ne pas rater une occasion comme celle-là, d'autant plus que la fédération y met du sien, c’est encore mieux. Pour moi, en vue de la course, c’est même primordial d’effectuer une telle reconnaissance. »

 

(*) Outre Romain Maillard, à noter les belles places de Mathieu Delpeuch (Saint-Flour, espoir, 10e), Robin Faricier (Velay Athlétisme, espoir, 11e), Benoît Crétien (Clermont Athlétisme Auvergne, 12e) et Fabien Demure (Rando Trail Mauriac, 13e).

 

Fabien Demure (RT Mauriac, 13e) : « Un manque de foncier »

Sollicité, au même titre que Romain Maillard, en amont de la course pour évoquer son approche du Trail Drôme, Fabien Demure (RT Mauriac) revient sur sa performance : « Cette 13e place me laisse un peu déçu parce que je pense qu’il y avait largement moyen de faire mieux. Mais j’ai pris l’option de prendre des risques pour vraiment jouer la qualif’. Mais je manquais de foncier, je le savais bien. Cet hiver, j’ai bien un peu travaillé la vitesse mais pas assez le foncier, sur 25 km, ça peut passer, pas sur 40 km. Du coup, je vais essayer de faire un peu mieux là-dessus en prépa, pour défendre mes chances pour de vrai. Parce que là, à un moment, ça a craqué, les crampes sont arrivées petit à petit à partir du 30e kilomètre, où j’étais encore 4e, et j’ai compris que ça ne le ferait pas. Je redoutais les descentes techniques, mais en fait, j’ai joué malin sur la première, en single, en l’abordant en tête, mais à partir de la deuxième, alors que je commençais à cramper, j’ai commencé à perdre énormément de temps. Après pour être honnête, je pense que je ne pouvais pas faire mieux que 6-7e ».


Jean-Philippe Béal

Commentaire