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Papadakis et Cizeron visent une quatrième couronne mondiale

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron brigueront un quatrième titre mondial en danse sur glace à Saïtama, samedi, à l’issue du programme libre dont ils expliquent la genèse et l’évolution au fil de l’année.

Ce samedi, à Saïtama (Japon), au lendemain de la première journée dédiée à la danse rythmique, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron se laisseront entraîner une dernière fois sur les « airs folk » de guitare de l’artiste américaine Rachael Yamagata. Ce programme libre, renouvelé tous les ans, a une durée de vie quasi éphémère puisque les Clermontois, installés à Montréal, ne l’interpréteront que pour la troisième fois en compétition internationale lors de ces championnats du monde.

Quelques minutes de grâce, de bonheur, de magie pour décrocher l’or résument plusieurs mois et des centaines d’heures de travail pour se rapprocher de la perfection comme a pris le temps de le détailler Guillaume Cizeron.

 

1. La construction du programme

Le patinage possède sa danse dont la musique guide son rythme et ses pas sur et en dehors de la glace à l’orée d’une nouvelle saison. « Le choix de la musique se fait toujours en équipe avec nos coachs, débute Guillaume Cizeron. Chacun présente ses idées de concept et de musique et on en discute autour d’une table. » « Des tests faits sur la glace » impulsent un premier tempo, avant que la chorégraphie ne prenne petit à petit corps. « Lorsque l’on s’est entendu sur un choix de musique, on fait un plan du programme et on commence à s’amuser avec des bouts de chorégraphie, des idées nouvelles d’éléments techniques », poursuit­-il. Propulsés sur le devant de la scène européenne et mondiale en 2015, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont fait souffler un vent de fraîcheur sur une discipline où il est parfois risqué de casser les codes. De par leur recherche constante d’originalité, renforcée l’été dernier par la patte sur leur chorégraphie du patineur suisse, Stéphane Lambiel, vice-champion olympique 2006, la nouvelle mouture de leur programme libre, chaque automne, suscite une véritable attente. « Nous essayons de nous renouveler au maximum chaque année, explique le Clermontois, même si certaines parties d’années précédentes peuvent être réutilisées ou transformées. »

 

2. L’élaboration au quotidien

Pour la première manche de Grand Prix à leur calendrier, en octobre, « nous commençons généralement les chorégraphies aux alentours de juin et nous sommes capables de les faire en entier fin septembre ». « La majeure partie de la chorégraphie est montée sur la glace, renchérit­-il, avec quelquefois des intervenants extérieurs », à l’image par exemple, cette année, de la compagnie de cirque « Les sept doigts de la main » qui a amené son expertise sur les portés. Sinon, au sein de la structure à Montréal qu’ils ont rejointe à l’été 2015, Marie-­France Dubreuil, « notre chorégraphe permanente, travaille dessus, au quotidien, avec nous ». Une fois les bribes mises bout à bout, « nous faisons nos programmes entiers presque tous les jours, il y a une montée d’intensité dans notre préparation avant une compétition, d’abord en plusieurs parties puis en entier puis plusieurs fois en entier ».

 

3. L’évolution au cours de la saison

D’une sortie à l’autre durant l’année, l’œil du profane ne s’arrête que sur l’impression générale et ne détecte pas toutes les améliorations effectuées pour surprendre et séduire les juges. « Pas mal de choses évoluent, témoigne­-t­-il. Nous avons, par exemple, changé certaines entrées et sorties de portés. Nous avons aussi modifié légèrement l’introduction et ajouté pas mal de details. » Les championnats du monde marquent l’ultime représentation de ce programme libre et la fin d’une quête de perfection menée durant plus de six mois. « Généralement, nous sommes satisfaits de l’évolution de nos programmes, nous faisons du mieux que nous pouvons avec le temps qui nous est donné, souligne Guillaume Cizeron. Nous pourrions continuer à travailler sur un programme pendant des années mais au bout d’un an, en général, nous avons hâte de passer au suivant .» Pour se réinventer, créer, en véritables artistes.

 

Le programme :

Vendredi. La danse rythmique se déroulera de 4 heures à 8 h 12 (heure française). 

Samedi. La danse libre se déroulera de 4 h 30 à 7 h 51 (heure française).

 

Vivian Massiaux

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