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Photo © Brigitte AZZOPARD

Les chantiers de Gilles Moretton "pour un autre tennis"

Gilles Moretton, le président de la Ligue Auvergne - Rhônes-Alpes de tennis, est en plein tour de France pour exposer son projet pour la FFT, pour laquelle il s’est déclaré candidat à la présidence. Rencontre lors de l’étape aubiéroise de jeudi dernier. 

Quand avez-vous pris la décision de vous porter candidat à la présidence de la Fédération et pourquoi ?

"Au départ, ce n’était pas mon objectif. Moi, j’étais venu pour la Ligue Auvergne - Rhône-Alpes. Mais des gens du mouvement qu’on a créé, des acteurs du tennis, m’ont sollicité, voilà 5-6 mois. C’est venu tout doucement, de façon répétitive et j’ai donc dit “oui”. J’avais des idées, je ne pouvais pas faire un refus d’obstacle. Mais j’ai dit : “Si j’y vais, c’est à fond ! Et on va écouter tous les clubs.” Et cette décision, je l’ai annoncée le 9 janvier. Cela paraît tôt, mais comme ce sont les clubs qu’il faut questionner, ce que j’ai fait pour être élu à la Ligue, et comme je veux faire la même chose en France, pour cela, il faut du temps."

 

Que comptez-vous exposer dans le cadre de cette candidature ?

"Déjà, on est plutôt dans les bons élèves de la classe. On est d’ailleurs classés parmi les meilleures Ligues de France, sur des objectifs vraiment quantifiés, la première étant l’Occitanie avec 100 %, nous, on est à 80 %. Donc j’applique le programme fédéral, je ne suis pas un dissident. En revanche, à côté de cela, d’où notre nom, moi j’ai une vision, je ne suis pas contre quelque chose, mais pour quelque chose, pour un autre tennis. Avec ma vision et mon œil. Un œil neuf, puisque si certains sont en place depuis 30 ans, moi je ne suis là que depuis 4 ans, mais, maintenant, on peut le dire, un œil d’expert. Et d’un vrai bénévole avec une liberté de parole. Et c’est cette liberté de parole qui a fait que des gens sont venus me voir, depuis 3 ans. Aujourd’hui, ils sont plus de 1.000 en France et c’est pour cela qu’on a créé une association, en juin 2019, un groupe de réflexion."

 

« Un programme qui sera celui de la France des clubs et du terrain »

 

Pour quel programme ?

"Je n’arrive pas avec un programme établi en voulant l’imposer. J’ai des idées, ce qu’on a appelé avec mon groupe, et qui pour l’instant restent des “chantiers”. Il y en a 12 qu’on a établis, des problématiques (*) que j’estime importantes pour le tennis et sur lesquelles je veux faire remonter l’information des clubs. J’étais à Toulouse, mardi, Limoges mercredi, j’étais déjà allé à Lyon, Grenoble mais aussi en Nouvelle-Aquitaine, en PACA, sur Paris, je serai bientôt en Centre/Pays de Loire, en Bretagne… Et ces rencontres avec les clubs, ces chantiers, vont aboutir à un programme qui sera celui de la France des clubs et du terrain. Et dans mes visites, j’expose des sujets et je fais des découvertes qui alimentent ces chantiers, qui les enrichissent."

 

Parmi ces « chantiers », des priorités se dégagent-elles ?

"Il y a deux thèmes très forts de notre mouvement. Le premier, c’est le changement de gouvernance de la Fédération, où il n’y a pas de débat, un système “entre-soi”. Et le deuxième, c’est donner la parole aux clubs, que ce soit les 7.800 clubs qui votent parce qu’eux vont voir au quotidien ce que vous faites et seront capables de juger si l’image du tennis, les résultats, leur club au quotidien leur conviennent…"

 

Vous parliez d’un œil neuf mais expert, que retenez-vous de ces premières années de dirigeant ?

"J’ai été très surpris du monde dans lequel je suis arrivé, avec la diffamation, avec les attaques… Cela m’a motivé encore plus mais m’a surpris alors que moi, je venais avec l’idée de donner un coup de main au tennis. J’avais dit, aussi : “Je vais faire mon mandat à fond et si cela ne me plaît pas, j’arrêterai.” Mais je me suis rendu compte que j’aimais beaucoup être avec les clubs, échanger… Et je suis convaincu des idées qu’on défend. Et c’est dans ces convictions que les clubs doivent s’exprimer. Le souhait d’« Ensemble pour un autre tennis », c’est que les clubs aient la parole, cela existe dans d’autres Fédérations.

 

(*) Réunies sous quatre grandes thématiques : « Faire du tennis une école de la vie », « Donner l’avantage aux clubs et remettre l’humain au cœur », « Mener la pratique à l’excellence » et « Restaurer la gouvernance ».

 

Jean-Philippe Béal

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