Actualité sportive en auvergne



Athlétisme Renaud Lavillenie
Photo © Archives Thierry Lindauer

Lavillenie saute encore son tour

Renaud Lavillenie est maudit ! Battu en 2009, 2011 et 2013, le Clermontois a une nouvelle fois vu le titre mondial, le seul qui manque à son immense palmarès, lui passer sous le nez, ce lundi, sur le sautoir du stade olympique de Pékin. L'Auvergnat a terminé troisième du concours.

Que s'est-il passé ? Qu'a-t-il bien pu arriver à Renaud Lavillenie entre son saut inaugural à 5,80 m et cette barre à 5,90m ? Le protégé de Philippe d'Encausse n'avait jamais entamé un concours à une telle hauteur. Ce pari aurait pu être payant. 

Malgré une entrée dans le concours tardive, une bonne heure après les premiers perchistes, le natif de Barbezieux (Charente) a frappé fort. Comme s'il avait été dans son jardin, il a sorti un premier saut impressionnant, plein de maîtrise, largement au dessus de la barre. Lavillenie avait semblé s'envoler au dessus du nid d'oiseau. Que pouvait-il lui arriver ? A ce moment-là, le clan Lavillenie, cloîtré dans un coin des travées du stade olympique, était d'ailleurs loin de penser qu'il s'agirait de l'unique saut réussi par le recordman du monde. 

Car, dès sa première tentative à 5,90 m, les choses se sont compliquées. Au terme d'un saut mal maîtrisé, l'Auvergnat est retombé sur la barre. Un simple accident de parcours ? Las. D'autant que deux minutes plus tard, le fougueux canadien Shawn Barber allait effacer 5,90 m, dès son premier essai. Le regard fermé, la star montante canadienne prenait la tête du concours... qu'il ne quittera plus. 

« Les Monde, ce n'est pas ma compétition »



Le premier saut du Clermontois aurait pu écœurer ses adversaires. Finalement, c'est le saut du nord-Américain qui a glacé le sang de Lavillenie. Incapable de se libérer, le Français échouait une seconde fois, puis une troisième fois devant le regard hagard de son coach, qui en disait long sur son désarroi. Trois échecs quasi identiques à 5,90 m, une hauteur qu'il a pourtant franchie des dizaines de fois, qui anéantissaient une nouvelle fois ses rêves d'or mondial. 

Pour la quatrième fois de suite, Renaud Lavillenie voit donc le titre de champion du monde s'envoler. Une aberration serait-on tenté de dire pour le recordman du monde qui domine depuis des années sa discipline. Ces Mondiaux, l'Auvergnat y pensait depuis plusieurs mois. Après une petite alerte début juillet, il avait su remettre les pendules à l'heure pour se concentrer sur cette échéances intercontinentales. Il avait su se recentrer sur lui-même, refusant certaines sollicitations. Il paraissait prêt. Son saut de samedi qui lui avait ouvert les portes de la finale, tout comme son entrée dans le concours ce lundi, laissaient espérer une fin heureuse. Malheureusement pour lui, l'histoire s'est répétée. 

« C’est un peu difficile à chaud, on a essayé de faire le point avec mon coach (Philippe d'Encausse, NDLR) si j'avais merdé en quelque part. Je fais une superbe entrée dans le concours. Derrière, je me sentais bien. Et à 5,90 m, sur les trois sauts ça ne veut pas avancer alors que je suis sur une perche que je maîtrise. Les Monde ce n'est pas ma compétition, a déclaré Renaud Lavillenie au micro de France Télévisions, une bonne demi-heure après la fin du concours. J'étais pourtant bien dans ma tête. Tous les voyants étaient au vert. C'est comme ça. C'est le saut à la perche. Je ne cesse de répéter que le saut à la perche ce n'est pas un claquement de doigt. » Une chose est sûre, cette médaille de bronze, la troisième de sa carrière dans cette compétition, ne l'aidera pas à surmonter son immense déception.
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