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Athlétisme Piste
Photo © L'Eveil

Botelho, la révélation des hauts plateaux

Esteban Botelho a vécu pendant dix jours un stage intensif au Kenya sous la conduite du champion Bob Tahri. Sur les hauts plateaux, à près de 2 400 m d'altitude, le jeune coureur de Velay Athlétisme s'est forgé un physique, un mental et surtout une ambition. Celle de tutoyer le très haut-niveau d'ici un an et demi…

« Aujourd'hui je comprends mieux pourquoi cette nation domine la longue distance ». Esteban Botelho s'est frotté pendant dix jours (du 16 au 27 octobre dernier) à l'entraînement des athlètes kenyans. Celui-là même que tous les spécialistes considèrent comme le plus exigeant au monde. 

Choisi parmi 16 français triés sur le volet pour accompagner le champion français Bob Tahri dans sa préparation en Afrique, le licencié de Velay Athlétisme a vécu le quotidien d'un athlète des hauts plateaux du Kenya, avec au programme deux séances quotidiennes. 

Entre endurance, travail spécifique et exercices de renforcement, le champion de 21 ans a vu ce qu'imposait la rigueur à la kenyane. Avec presque 30 km parcourus par jour, de très grosses intensités et tout ça à 2 400 m d'altitude…  « Le phénomène d'altitude change la donne : il devient difficile de respirer, il faut s'habituer. Les charges de travail étaient conséquentes et entre chaque séance il ne fallait pas négliger la récupération. C'était très dur, mais ce travail finit par payer. »

« Un vrai déclic »



Sur cette terre de grands champion, le coureur de Velay Athlétisme a pu se tester tant physiquement que mentalement. Et à force de repousser ses limites, il a pu découvrir l'étendue de son potentiel… « Le dernier jour du stage, il y a eu un debriefing avec Bob Tahri, confie Bothelo. Il m'a dit que si je continuais de travailler, en insistant surtout sur ma vitesse et ma souplesse, en étant très sérieux, j'avais les moyens de devenir un sportif de haut niveau, de passer sous les 30 minutes sur 10 km. Ça a été un vrai déclic d'entendre ça, surtout de la part d'un champion comme lui qui n'est pas du genre à s'emballer. » 

Un compliment inattendu, chargé d'espoir, pour le Vellave, compétiteur depuis seulement deux ans… Il y aura sans doute un avant et un après stage au Kenya pour Esteban Botelho.  « Je ne me mets pas plus de pression que ça mais je vais essayer de me donner les moyens de progresser pour atteindre ce niveau. Je pense faire un entraînement bi-quotidien pour y parvenir. » Le jeune champion rêve déjà de briller lors des prochains championnats de France de cross et d'établir un bon chrono sur 10 km pour prétendre à une sélection sous le maillot tricolore. 

« J'y retournerai »



Si sur le plan sportif, le voyage constitue de son aveu  « un déclic », sur le plan humain, cette expérience a été très forte pour la tête d'affiche locale des courses hors-stade, habituée à croiser le fer avec son camarade Thibaut Imbert. « J'ai eu la chance de découvrir une autre culture, une autre mentalité, confie-t-il encore plein d'enthousiasme. Ce qui m'a le plus marqué, ce sont tous les sourires, les marques d'affection des gens. Chaque soir après la séance, les enfants nous accompagnaient jusqu'au camp d'entraînement où nous logions avec les athlètes de là-bas. Ce sont des souvenirs magiques, mais ce stage est passé trop vite. » 

Après quelques jours de repos, Botelho a repris le chemin de l'entraînement « boosté comme jamais » et avec de nouvelles méthodes pour poursuivre sa progression. Des petits détails qui font les grandes performances que le jeune coureur, qui encadre les débutants sur la piste d'athlétisme de Massot, n'hésite pas à transmettre. Sa manière à lui de faire perdurer son initiation au Kenya, devenue un vraie révélation. « Je ne sais pas encore quand, mais ce qui est sûr c'est que j'y retournerai…»
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