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Alaphilippe, quatrième Auvergnat à porter le Maillot jaune

Auteur d'un numéro exceptionnel dans les derniers kilomètres de la troisième étape de ce Tour de France 2019, Julian Alaphilippe a fait coup double, ce lundi, à Epernay : victoire d'étape et Maillot jaune. Le Montluçonnais est devenu le quatrième Auvergnat à enfiler la célèbre tunique de leader. Il succède ainsi à Antonin Magne, Roger Walkowiak et Raphaël Géminiani, dernier Auvergnat à avoir porté le Maillot jaune, il y a 61 ans...

Antonin Magne

Il demeure comme le premier Auvergnat à porter le maillot jaune. Le Cantalien remporte le Tour de France à deux reprises, en 1931 et en 1934. Vainqueur de neuf étapes en dix participations à la Grande Boucle, ce coureur discret s'est affirmé comme l'un des meilleurs cyclistes des années 30. Sa devise, empruntée au poète Alphonse de Lamartine : « la gloire ne peut être où la vertu n'est pas ».

Champion du monde sur route en 1936, « Tonin la méthode » reste dans l'histoire le vainqueur du premier chrono individuel de l'histoire du Tour, long de 90km entre La Roche-sur-Yon et Nantes en 1934. La recette de ses succès : une discipline stricte, une préparation rigoureuse et une diététique irréprochable.

Après la Libération, Antonin Magne occupe pendant 25 ans le poste de directeur sportif de l'équipe Mercier, dirigeant des coureurs de renom comme Louison Bobet et Raymond Poulidor. En octobre 1962, il est fait chevalier de la Légion d'honneur par Maurice Herzog, le secrétaire d’État à la jeunesse et aux sports de l'époque. Il donne aussi son nom à une avenue d'Ytrac, sa ville natale.

 

Roger Walkowiak

Il a lui aussi marqué l'histoire du cyclisme auvergnat, en gagnant à la surprise générale le Tour de France 1956. « Walko » est l'un des rares vainqueurs de la Grande Boucle à n'avoir jamais remporté d'étape.

Echappé lors de la 7e étape entre Lorient et Angers, le Franco-Polonais prend 19 minutes d'avance sur le peloton des favoris. Il profite ensuite de leur défaillance pour défiler en jaune au Parc des Princes, à l'issue d'une ultime étape reliant Montluçon, sa ville natale, à l'enceinte parisienne. Originaire du quartier des Marais, cet ancien tourneur en usine compte aussi à son palmarès deux victoires d'étape sur la Vuelta.

Il met un terme à sa carrière en 1962, pour devenir patron d'un bar à la Chapelaude. Avant de reprendre son activité de tourneur en usine à Montluçon, jusqu'à sa retraite. Roger Walkowiak s'est éteint le 6 février 2017. Une course sportive à son nom a lieu à Cusset, son dernier domicile, chaque jeudi de l'Ascension.

 

Raphaël Géminiani

Il est l'un des coureurs les plus célèbres de la région, endosse lui aussi la tunique jaune, pendant quatre jours en 1958. Il doit finalement s'incliner face au Luxembourgeois Charly Gaul, qui lui reprend plus de douze minutes lors de la 21e étape entre Briançon et Aix-les-Bains. Troisième cette année-là, le Clermontois n'est jamais parvenu à remporter le classement général de la Grande Boucle.

Sept ans plus tôt, il a déjà échoué à la deuxième place, derrière le Suisse Hugo Koblet. Lors de cette édition 1951, il s'adjuge le classement de la montagne et la toute première étape auvergnate, entre Limoges et Clermont-Ferrand, devant un vélodrome Philippe Marcombes comble. L'une de ses sept victoires d'étape sur le Tour.

Surnommé « le grand fusil », Raphaël Géminiani voit sa fin de carrière perturbée par la malaria, contractée lors d'un voyage au Burkina-Faso en 1959. Une maladie infectieuse fatale à son ami Fausto Coppi, qui meurt le 2 janvier 1960. Directeur sportif (1962-1986) puis consultant, il a fêté le 12 juin dernier ses 94 ans.

 

Thomas Moulin

 

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