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Photo © Richard BRUNEL

Mon souvenir de l'année 2018 : le 21 juillet

A l'occasion des fêtes de fin d'année, les journalistes de la rédaction des sports de La Montagne et de sports-auvergne.fr vous racontent le souvenir sportif de l'année 2018 qui les a le plus marqué. Quatrième volet, ce mercredi, avec Raphaël Rochette. Retour sur l'incroyable saison de Julian Alaphilippe et notamment ses passages en Auvergne.

De 2018, je garderai surtout le souvenir des attaques de Julian Alaphilippe. On connaît son panache, sa volonté aussi de briller quand sa famille vient l’encourager sur les courses. Au Paris-Nice et au Tour de France 2018, le Montluçonnais a cherché à bien faire devant ses supporters et ses proches. J’étais là, avec eux et j’ai apprécié le show Alaphilippe, des premières loges.

« J'avais en tête de tenter quelque chose »

La troisième étape de Paris-Nice traverse le Berry où Julian a vécu une partie de son enfance et arrive à Châtel-Guyon en passant par ses routes d’entraînement, en Bourbonnais. Forcément, le leader de la Quick Step a « en tête de tenter quelque chose ».

On pressentait une attaque tranchante, portant sa signature, dans la dernière difficulté. Et c’est ce qu’il fait en démarrant au pied de la côte de Charbonnières-les-Varennes. Seul le Belge Tim Wellens (Lotto Soudal) réussit à prendre sa roue, sans le relayer. Et ce coup d’audace échoue quelques kilomètres après le sommet, en direction de Châtel-Guyon.

Un échec, mais « aucun regret » pour l’Auvergnat, finalement 9e de l’étape, dans le même temps que les principaux favoris de ce Paris-Nice dont il fait à nouveau partie.

« Des fourmis dans les jambes  »

« C’est une étape qui me correspondait sur le papier, je l’avais repérée. J’avais des fourmis des les jambes. J’ai tenté, ça n’a pas marché. C’est comme ça... », confiait-il à sa descente du bus de la Quick Step, avant de saluer parents et amis, venus en nombre le féliciter.Julian Alaphilippe donnant l'accolade à son coéquipier Philippe Gilbert, à Mende. L'Auvergnat aurait aimé s'imposer pour récompenser le travail du Belge en sa faveur dans l'échappée qui a ouvert la route du Tour en Lozère.

Même ambiance amicale et familiale à l’arrivée de l’étape du Tour, à Mende, le 21 juillet. J’y suis également avec mes collègues de La Montagne. Nous aussi, on a ciblé cette étape. Persuadés que « notre » Julian va mettre à profit l’ascension finale, la côte de la Croix Neuve et ses 3 km à 10 % pour aller chercher une deuxième victoire d’étape, après son succès au Grand Bornand, dans les Alpes.

La similitude avec le Mur de Huy où il a remporté sa première classique, au printemps, lui confère le statut de grand favori. Encore faut-il ne pas se laisser surprendre par une échappée au long cours.

Le Montluçonnais est vigilant. Il fait partie de la trentaine de coureurs à qui la Sky a offert un bon de sortie. Jasper Stuyven (Trek-Segafredo) a pris de l’avance cependant et le Belge file vers Mende, en solitaire. On reste tout de même confiant, tant la montée vers l’aérodrome de Mende convient aux qualités de puncheur du porteur du maillot à pois.

« Fraile était tout simplement le plus fort »

Sa famille s’est installée à quelques centaines de mètres de la ligne, en compagnie de Jean-Philippe Duracka, qui a joué les chauffeurs. Ils y croient, nous aussi. Et le coup passe vraiment très près. Pour six petites secondes, Julian doit se contenter de la 2e place, derrière un Omar Fraile (Astana) qui a anticipé son démarrage, en passant à l’offensive dès le pied de l’ultime ascension.A Mende, Julian Alaphilippe a pris le temps d'échanger quelques mots avec ses amis et supporters venus d'Auvergne l'encourager sur le Tour de France.

L’Auvergnat, lui, a attendu, sans doute trop, pour se lancer à la poursuite de l’Espagnol. Il revient comme une balle sur Stuyven, mais ne prive pas Fraile d’une première victoire sur le Tour.

Une fois encore, cependant, il a répondu présent. Et il se montre beau perdant.

« J’ai tenté le tout pour le tout dans le dernier kilomètre (d’ascension). Mais Fraile était tout simplement le plus fort. Bravo à lui. »

Du Julian Alaphilippe pur jus, toujours là où on l’attend et ne se cherchant jamais d’excuses. Remercions-le de nous avoir fait vivre ces grands moments de sport.

 

Raphaël Rochette

 

Les épisodes précédents :

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 12 mai (Francis Laporte/Kilian Jornet)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 25 février (Jean-François Nunez/All Star Perche)

- Mon souvenir de l'année 2018 : le 23 novembre (Luc Barre/Trophée des villes de pétanque à Montluçon)

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