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Photo © Jérémie FULLERINGER

Stade Aurillacois : ce n'est pas encore l'heure de l'électrochoc

Premier non-relégable, Aurillac n’avance toujours pas depuis son succès contre Provence, il y a un mois. S’il a son destin entre ses mains, le Stade n’a pas encore trouvé les solutions pour exploiter son potentiel. Pour Christian Millette, il n'y a pas, à ce jour, de rejet du staff par les joueurs.

Vendredi soir, Aurillac a connu une nouvelle désillusion et une quatrième défaite à domicile, contre Montauban (16-18). Un fin cruelle car c’est après la sirène que les Cantaliens ont laissé échapper un succès, lequel aurait malgré tout été en trompe l’œil, au vu des 80 minutes entre le Stade et Montauban.

Aurillac s'enfonce un peu plus contre Montauban (16-18) (relire le live)

Car si les Tarn-et-Garonnais l’ont emporté sur le fil, ils avaient aussi dominé ce match, et avaient même les moyens de mener de 12 points à la pause sans trois pénalités manquées par Bosviel. Ce match, qui devait servir de rebond pour Aurillac laisse le Stade dans une situation précaire, lui qui n’a pas encore trouvé la solution pour sortir durablement de l’ornière.

Photo Jeremie Fulleringer
"On n’est pas dans la situation de Colomiers l’an dernier, où les joueurs ne voulaient plus des entraîneurs"

Christian Millette (Président du Stade Aurillacois)

Alors la question se pose. Faut-il un électrochoc ? « Je n’ai pas l’impression que les joueurs soient en phase de rejet avec le staff », tempère le président aurillacois Christian Millette, sollicité par La Montagne pour évoquer la situation actuelle.

"On travaille d'arrache-pied"

« Après, ce n’est pas pour autant qu’on n’a pas de difficultés. Ce serait ne pas être sérieux que de ne pas se rendre compte que la situation est compliquée. En termes de résultats, on n’est pas satisfait. On réfléchit aux solutions et on y travaille d’arrache-pied », précise le dirigeant qui s’appuie notamment sur les retours dont il dispose du vestiaire.

Pour le président Christian Millette, les retours dont il dispose du vestiaire ne vont pas dans le sens d'un rejet du staff par les joueurs. Photo Jeremie Fulleringer

« Il n’y a pas un sentiment de rejet, comme ça a pu arriver dans d’autres clubs. On n’est pas dans la situation de Colomiers l’an dernier où, là, les joueurs ne voulaient plus des entraîneurs. À date - maintenant les choses peuvent changer - ce n’est pas le cas »

Refus des solutions « simplistes »

« On a fait un match à Colomiers, et tous les échos des joueurs disaient qu’on avait fait une préparation qui n’avait pas été aussi bonne depuis très longtemps », détaille Christian Millette.

« Sur la mise en place du match de vendredi, c’est la même chose, même si le résultat n’est pas le reflet de la préparation. Après, chercher le pourquoi, les raisons, c’est toujours compliqué. Il y a sûrement beaucoup d’analyses possibles. Les réseaux sociaux en sont pleins. Moi je suis en train de chercher des solutions », note le président qui se méfie des solutions « simplistes » qui sont l’apanage des « gens simplets ».

Face à cette équation qui consiste à trouver la bonne méthode pour un rebond, le Stade Aurillacois a une chance. Cela peut paraître surprenant en ne regardant que les résultats comptables mais la réalité de l’effectif stadiste est la suivante : il y a de la qualité.

A l'image de l'essai inscrit par Coertzen au erme d'une action ambitieuse et parfaitement maîtrisée, le Stade est capable de produire de bonnes choses et a le talent pour s'en sortir. Photo Jeremie Fulleringer

La qualité de l’effectif pas en rapport avec son classement

Comme le relevait Kevin Lebreton après la rencontre, « on marque un bel essai, rugbystiquement on n’est pas moins bon que les autres ».

Oui. Cet essai de Coertzen : une action de 80 mètres, partie d’un jeu au pied pourtant contré au départ mais qui a réuni prise d’initiative individuelle, soutien précis, précieux et dans le bon tempo, tranchant, coup d’œil et vista, démontre que les Aurillacois sont capables de belles choses.

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Et l’objectif présidentiel affiché en début de saison de viser une qualification n’était pas saugrenu au regard de la qualité de l’effectif. Sur le papier, le Stade dispose d’un groupe qui vaut un classement entre la 6e et la 8e place.

Retrouver le Stade qui avait étouffé Brive au printemps

Les douze premiers matches de la saison ont évidemment enterré cet objectif avec pour seul horizon la lutte pour le maintien. Cette même équipe, qui avait su casser la figure à Brive il y a moins d’un an à un potentiel sans commune mesure avec les promus qui sont désormais ses concurrents directs.

Une fois ce constat posé, la question demeure : comment exploiter ce potentiel ? C’est toute la mission du staff actuel. Et de la direction du club.

Jean-Paul Cohade

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