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Athlétisme Renaud Lavillenie
Photo © Capture d'écran

Lavillenie, le pire des dénouements...

Renaud Lavillenie a échoué à devenir le deuxième perchiste de l'histoire à conserver son titre olympique. Deuxième d'un concours d'anthologie, le Clermontois a cédé face au jeune Brésilien Thiago Braz, auteur du saut de sa vie (6,03 m), et doit se contenter de l'argent.

Il est près de minuit à Rio et Renaud Lavillenie fait le tour du stade olympique. Enroulé dans un drapeau tricolore, il salue les supporters qui l'ont soutenu. L'image rappelle forcément celle de Londres quand, quatre ans plus tôt, l'Auvergnat avait décroché la médaille d'or olympique.
Sauf que cette fois, le coeur n'y est pas. Le coeur n'y est plus. Pas depuis que le Brésilien Thiago Braz s'est élevé, quelques minutes plutôt, 11 cm au-dessus de son record personnel, pour réussir un incroyable bond à 6,03 m et signer l'exploit le plus inattendu de ces Jeux.

L'Olympe n'est donc plus le royaume de Renaud Lavillenie. Le roi a été dépossédé de sa couronne alors que, longtemps, tout a laissé auguré un autre dénouement. Quatre ans après avoir répondu à l'appel de Londres, le Clermontois a tout (bien) fait pour devenir l'homme de Rio, celui qui deviendrait l'égal de l'Américain Bob Richards, le seul perchiste à avoir remporté deux fois le titre olympique (en 1952 et 1956). Une rareté, vieille de soixante ans, qui situait bien l'exploit que tentait de réaliser Lavillenie ce mardi. Et qui démontrait aussi combien le saut à la perche est une épreuve difficile à appréhender.

Le sang-froid de Lavillenie

De ce point de vue, le concours de Rio n'a pas dérogé à la règle. Bien au contraire ! La météo, une suspension d'une heure, des problèmes techniques et même un public hostile comme jamais : c'est bien simple, c'est comme si tous les éléments s'étaient présentés les uns après les autres pour jouer avec les nerfs de l'Auvergnat, archi-favori du concours. A tout ça, Lavillenie a su répondre avec un incroyable sang-froid.

Il y a d'abord eu l'épisode météorologique qui a occasionné une suspension du concours de plus d'une heure. Alors qu'il avait fait grand beau sur la cité carioca durant toute la journée, avec un thermomètre atteignant les 35°, le vent s'est en effet levé en fin de journée. Surtout, la pluie s'est brutalement abattue dès l'échauffement des perchistes, jusqu'à transformer le stade en véritable piscine olympique. Telle une colonie de vacances surpris par un orage, les compétiteurs, Lavillenie en tête, ont dû partir au pas de course se réfugier à l'abri des caprices du ciel.
     


Une heure plus tard, après s'être échauffés une seconde fois, c'est sur un sautoir détrempé et avec des perches mouillées que les athlètes ont repris la compétition. Les caprices du ciel sont rarement une bonne nouvelle pour les perchistes mais elles le sont encore moins pour les leaders comme Lavillenie, tant cela a pour effet de niveler les valeurs vers le bas. Le Clermontois connaissait d'ailleurs bien le problème pour avoir vécu pareille situation il y a un mois à Amsterdam où, dans une parodie de concours balayé par le vent, il avait - déjà... - abandonné son titre européen après un « zéro » frustrant. 

Cette expérience ne l'a pas pourtant découragé d'entamer ce mardi la défense de son titre olympique par une barre à 5,75 m. Malgré l'attente, malgré les problèmes techniques rencontrés par les officiels pour positionner les barres, Lavillenie a écoeuré la concurrence avec quatre sauts consécutifs réussis au premier essai : 5,75 m donc, puis 5,85 m, 5,93 m et enfin 5,98 m. A ce moment-là, après avoir amélioré son propre record olympique de 2012 (5,97 m), pas une personne dans le stade olympique n'aurait pu imaginer le scénario qui allait suivre. Dernier rival en lice, le Brésilien Thiago Braz était contraint de faire l'impasse à 5,98 m pour tenter directement une barre à 6,03 m. Une hauteur jamais franchie par personne aux JO. Lavillenie s'y essayait d'abord par deux fois, échouant d'un rien. 
Thiago Braz connaissait le dénouement inverse et, avec le saut d'une vie, faisait chavirer tout un stade.



Dos au mur, Lavillenie n'avait plus qu'une tentative, à 6,08 m, pour espérer reprendre les commandes. Accompagné par les sifflets d'un public carioca pas très fair-play, il échouait et terminait deuxième d'un concours qui restera, à coup sûr, le plus beau de l'histoire de la perche. Maigre consolation...


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